SON EDUCATION
Zénaïde Fleuriot (Anne Zénaïde) est née rue Houvenagle (anciennement 19 Grande'Rue) à St-Brieuc (Brieuc , d'origine celtique, vient du vieux breton Brioc, latinisé en Briocus et a donné en breton moderne Brieg, la racine Bri signifiant estime) en Bretagne le 29 octobre 1829 dans une famille chrétienne et fidèle aux Bourbons. Selon Zénaïde, la maison paternelle était très large de façade, possédait un étage surplombant et se terminant par un pignon très aigu. Elle parle d’ailleurs de sa ville natale dans l’un de ses ouvrages de prédilection « Les Prévalonnais ».
Son frère Théodose, son aîné de 9 ans est son parrain.
Sa marraine est une voisine, Zénaïde Le Coniac.
Enfance et adolescence au Palacret (commune de St-Laurent) de 1829 à 1849. « Oh ! le Palacret, mon cher Palacret ! » « le temps le plus heureux de sa vie et le plus en rapport avec ses goûts » disait-elle.
Le domaine de Palacret d’une superficie de 10 hectares, renfermait des maisons, d’autres édifices, cours, jardins, prairies, terres labourables, bois de futaie et bois de taillis, murs et franchises, ainsi qu’un moulin à vent à deux tournants et des dépendances.
Vers 3 ans et demi, Zénaïde est envoyée chez Mme Charlemagne dans une petite école pour les enfants des meilleures familles. Elle apprenait ses prières et les premiers rudiments de la lecture.
Vers l’âge de 5 ans, sa mère très fatiguée l’emmena au Palacret, résidence de famille.
Ensuite, Zénaïde entra au Couvent de la Providence où elle prépara notamment sa première communion.
A 12 ans elle avait déjà une passion très vive pour la lecture (du Walter Scott notamment).
A 17 ans elle prend des leçons de danse.
SES ORIGINES, LES INFLUENCES, SON EDUCATION
Le milieu où elle a grandi, où elle a été élevée, explique son œuvre tout entière, si pure, si religieuse, si profondément catholique.
Ses deux familles, paternelle et maternelle, étaient, l’une et l’autre, de vieille souche bretonne, tout imprégnées de la foi ardente de leurs ancêtres.
Son père, Jean-Marie Fleuriot, était parent de l’abbé Royou, prête et journaliste, rédacteur de l’Année littéraire, où il combattit Voltaire, et l’Ami du Roi, où il combattit la Révolution.
Né le 21 avril 1780 à Plougonvern, J.M. Fleuriot fut élevé par son oncle dès l’âge de 8 mois, au décès de sa mère, l’abbé Jean-Sébastien Rolland, recteur de Locarn-en-Duault (Côtes-du-Nord).
1789 : De l’âge de 9 ans à 12 ans très marqué par les événements liés à la Révolution. Son oncle abbé est devenu suspect en ayant refusé le serment imposé aux prêtes par la Convention.
En 1794, le recteur de Locarn fut arrêté sous les yeux de son neveu et traîné à Brest, où le tribunal révolutionnaire l’envoya à l’échafaud, le 25 floréal an II (14 mai 1794).
Un autre oncle de J.M. Fleuriot périt également victime de la persécution révolutionnaire.
Privé de l’appui de ses deux oncles, et ayant de grosses divergences d’opinions politiques avec son père (admirateur de la Révolution tout en dénonçant ses excès) ; J.M. Fleuriot, sur insistance de son père trouva refuge sous les drapeaux à 14 ans (An III). Il servit avec honneur dans les armées de la République et dans celles de Napoléon. Il était à la bataille d’Austerlitz. Il obtint un congé de réforme suite à une faiblesse passagère de sa vue au mois de décembre 1806 à Aix-la-Chapelle.
En 1794, 6 mois après son incorporation, il apprend l’assassinat de son père par des assassins, se disant les soutiens de l’autel et les amis de la monarchie des Bourbons.
Rendu à la vie civile vers 1806, il revînt dans sa chère Bretagne. Les biens de son oncle l’abbé, qui devaient lui revenir, avaient été confisqués et vendus.
Après des études de droit, il obtint un poste de greffier de la justice de paix du canton de Bégard (dans l’arrondissement de Guingamp).
C’est à Bégard qu’il connut et épousa le 3 octobre 1808 Mlle Marie-Anne Le Lagadec née à Bégard, alors âgée de 19 ans, et qui appartenait comme lui, à une vieille famille bretonne. Le chef de la race, Guy Le Lagadec était, en 1525, intendant de la Duchesse Anne.
Ils auront seize enfants dont cinq survivent :
– 3 garçons : un médecin, Théodose, mort prématurément en 1854, un soldat, Jean-Marie tué en Algérie le 14 juin 1854 et François qui aura postérité.
– 2 filles : Marie l’aînée et Zénaïde. Zénaïde est la 14ème alors que son père à 49 ans et sa mère 40 ans.
Il admirait beaucoup l’abbé Royou, ce courageux défenseur de l’autel et de la monarchie expirante, qui n’avait pas ménagé les traits à Voltaire et à tous ceux de sa secte impie.
Après avoir fait son droit à Rennes, il s’établit avoué à St-Brieuc. Il vit son étude fréquentée par les meilleures familles de la province.
Il avait le goût pour l’écriture, et on lui doit un assez grand nombre de publications, qui témoignent, les unes, de la solidité de ses connaissances juridiques, les autres, de l’ardeur de ses convictions royalistes.
J.M. Fleuriot ne cessait d’affirmer hautement sa foi catholique, réclamant, pétitionnant, dénonçant tous les abus, toutes les injustices. Il ne craignit pas de compromettre sa carrière en acceptant de défendre des accusés politiques qui ne trouvaient pas d’avocat.
Ce trait de désintéressement fut le signal de sa ruine. Voyant chaque jour sa charge péricliter, il se décida de la vendre.
Ses adversaires crurent le moment favorable pour triompher de sa loyale ténacité. On lui offrit un poste officiel qu’il refusa pour, dit-il, rester libre de combattre pour le bien et contre le mal.
C’est au foyer de cet homme de bien, de ce vaillant royaliste, que s’est formée Zénaïde Fleuriot.
En 1849, il avait fallu hypothéquer, puis vendre tous les biens : le Seuren, Hesnos, Rubiant, la maison de St-Brieuc, Guenharic et le cher Palacret, dernier asile de la famille.
Une véritable pauvreté était venue s’asseoir au foyer de J.M. Fleuriot.